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Les médecines complémentaires : on vous éclaire ?

acupuncture cancer

Rendre moins difficiles à vivre les effets secondaires d’un cancer, retrouver la confiance en soi et en sa féminité, aider chacune sur son parcours… Tout le monde reconnait aujourd’hui que la qualité de vie fait partie intégrante de la réussite de la prise en charge de la maladie. Certaines techniques de soins alternatives, ou  » médecines complémentaires » peuvent apporter de réels bienfaits pendant toute la durée des traitements.

Alors, découvrons ensemble les différentes disciplines qui peuvent vous être proposées, des plus classiques aux plus surprenantes, pour vous aider à aborder le plus sereinement possible cette grosse période de… turbulences !

Mon premier réflexe: mon équipe soignante !

Le premier bon réflexe est surement de s’orienter vers votre établissement de soins.

Il est très fréquent qu’une équipe multi professionnelle de « Soins de Support » soit là pour répondre à vos attentes en soins complémentaires tout au long de votre maladie. Ces départements ont pour mission d’organiser et de coordonner, au sein de l’hôpital ou en ville, les soins ou les médecines complémentaires au traitement du cancer : lutte contre la douleur, activité physique adaptée, masso-kinésithérapie, drainages lymphatiques, orthophonie, prise en charge psychologique, accompagnement social, suivi diététique et nutritionnel, travail sur l’image corporelle et soins esthétiques, orientations sur des cures thermales, des séjours à thèmes….

De belles initiatives voient petit à petit le jour dans certains centres comme l’institut René Huguenin et à l’Institut Gustave-Roussy, ou l’on pratique conjointement l’auriculothérapie (réflexologie dans l’oreille) et les traitements allopathiques.

D’autres proposent l’acupuncture comme le professeur Alain Baumelou, Directeur du centre intégré de médecine chinoise à La Pitié-Salpêtrière. Ces initiatives sont encore restreintes et ne peuvent pas répondre à toutes les demandes… Alors, soyez patientes et ne vous découragez pas si les délais pour obtenir un rendez-vous sont longs car cela peut valoir le coup !!


médecines complémentaires Ensuite, on fait preuve d’une grande prudence

Quelle que soit la pratique vers laquelle vous souhaitez vous orienter : acupuncture, auriculothérapie, homéopathie, phytothérapie, hypnose … faites en part à votre équipe médicale  Il ne faut pas passer cela sous silence, certaines pratiques qui vous paraissent très naturelles comme la phytothérapie par exemple, utilisent des substances actives qui bien que naturelles, ne sont pas toujours anodines…

Parler librement des médecines complémentaires à votre équipe médicale, cela vous évitera d’éventuelles interactions malencontreuses avec vos traitements…

Ce serait vraiment dommage d’ajouter des complications aux effets secondaires des traitements !

Si les médecines complémentaires peuvent réellement apaiser le quotidien de certaines patientes, attention cependant aux  médecines alternatives qui tentent parfois de se substituer aux traitements « conventionnels » (résultats de nombreuses études !) et qui présentent souvent un réel danger… et on ne le répète jamais assez, certaines médecines complémentaires peuvent faire l’objet de dérives sectaires. Alors, lorsqu’un doute subsiste sur une pratique ou un thérapeute, le plus sage reste de demander l’avis à votre équipe médicale. Ces derniers seront, en effet, plus aptes à distinguer une activité bénéfique d’une éventuelle arnaque, ou bien pourront tout simplement vous informer sur les réserves à avoir sur les promesses de certaines pratiques.

Enfin, on fait notre choix !

L’éventail des médecines complémentaires est vraiment étendu. Des massages à l’acuponcture en passant par l’hypnose, petit retour sur quelques unes de ces nombreuses activités :

L’acupuncture, de beaux résultats !

Même s’il est vrai que ça n’est pas très rassurant d’imaginer ces fines aiguilles se planter dans la peau, une fois passée cette première appréhension, bon nombre de femmes disent en avoir ressenti un véritable bienfait !

Cette technique, originaire de la médecine traditionnelle chinoise, s’est adaptée aux traitements cancéreux occidentaux ; après plus de 25 ans d’études et de pratiques, l’acupuncture est en mesure aujourd’hui de limiter, de repousser, voire même parfois de bloquer la survenue d’effets secondaires liés aux traitements par chimiothérapie, radiothérapie et chirurgie. La collaboration du médecin acupuncteur avec les oncologues permet dans certains cas d’alléger grandement l’administration des molécules antiémétiques, ou celles visant à relever l’immunité.

Ces dernières années, l’acupuncture est même devenue une pratique de plus en plus souvent évoquée par les oncologues de nos hôpitaux. Alors n’hésitez pas à en parler autour de vous, vos équipes médicales sauront sans doute vous orienter sur des thérapeutes de votre secteur dont l’activité est plus « ciblée » sur les traitements du cancer.

Allez, avouez que ça pique votre curiosité… 😉

LES EFFETS SECONDAIRES CIBLÉS : troubles digestifs, fatigue, maux de tête, aphtes, trouble du goût et de l’appétit, sécheresse de la bouche, gastrite, colite, alopécie, troubles du sommeil, angoisses, douleurs et raideurs articulaires, troubles du bilan hépatique, syndrome mains-pieds…

On a testé l’auriculothérapie

L’auriculothérapie (ou acupuncture auriculaire) fonctionne comme la réflexologie palmaire ou plantaire. Elle voit dans le pavillon de l’oreille le lieu de concentration de points sensibles pouvant avoir une action sur différentes parties du corps. C’est une thérapie sans contre-indication puisqu’elle n’utilise pas de substances particulières, ce qui la rend intéressante en cas de chimiothérapie particulièrement.

LES EFFETS SECONDAIRES CIBLÉS : l’auriculothérapie est souvent utilisée pour lutter contre les bouffées de chaleur

homeopathie cancer

Et l’homéopathie … en cancérologie ça marche ?

Bien sûr, il n’est pas question d’imaginer pouvoir traiter un cancer avec l’homéopathie, mais d’agir et d’atténuer les nombreux effets secondaires du cancer lui-même ou de son traitement.

L’homéopathie rentre d’ailleurs dans le parcours de soin de certains services, comme à l’hôpital Saint-Jacques (Paris), où l’on travaille sur les bienfaits de l’homéopathie comme soin de support à la chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie.

En tout cas, vous ne perdez rien à essayer et vous pourriez être surprise par le résultat. Si vous restez persuadée que l’homéopathie n’est qu’une application de l’effet placebo, rappelez-vous simplement qu’en médecine, seule la guérison importe. Et si seul l’effet placebo explique l’homéopathie, pourquoi s’en priver si vous constatez des effets malgré tout ?

LES EFFETS SECONDAIRES CIBLÉS : prise en charge de la fatigue, des nausées, des troubles cutanés (syndrome mains-pieds), des troubles digestifs, du stress, de la cicatrisation de certaines petites plaies.

 

La phytothérapie… ça vous dit ?

Utilisée de façon bien éclairée, la phytothérapie peut aussi vous aider à lutter contre les effets secondaires des traitements, et même restreindre le recours à certains médicaments prescrits habituellement contre les nausées, la fatigue, etc.

Comment ça marche ? La phytothérapie utilise les principes actifs des plantes pour lutter contre certaines maladies, contre certains effets secondaires de la radiothérapie ou de substances puissantes comme celles administrées durant une chimiothérapie. On utilise des substances naturelles pour stimuler les réactions tout aussi naturelles de l’organismes. Ces principes actifs, issus des plantes, ont des effets tangibles, mais là encore, il convient de savoir rester raisonnable et de ne pas attendre des miracles.

LES EFFETS SECONDAIRES CIBLÉS : prise en charge de la fatigue, des nausées et de certaines brûlures.

médecines complémentaires

Et l’hypnose … on ose ?

On entend déjà une petite voix sceptique dans votre tête… Peut-on croire en l’hypnose ? Et bien oui mesdames ! Même si l’hypnose que vous expérimenterez n’aura rien des shows télévisés où des vedettes possédées imitent les animaux de la ferme, cet état « second » existe bel et bien. Tout comme il est possible de faire abstraction du monde extérieur lorsqu’on est plongé dans un bon livre, l’hypnose propose de faire entrer l’esprit dans un état « second » très bénéfique..

En pratique : on commence par faire abstraction de son environnement pour focaliser sa perception sur sa respiration, ses sens, son corps. Ensuite, on s’invite dans son monde intérieur riche en images et en sensations. Cette phase où l’on n’est ni endormi, ni complètement réveillé, est propice aux suggestions thérapeutiques : on peut faire travailler son cerveau pour moduler une perception, défaire certains réflexes inconscients. Enfin vient la phase de retour : on reprend contact avec son corps et on éveille ses sens sur son environnement présent.

Des consultations médicales dédiées proposent aujourd’hui aux patients d’apprendre les techniques d’autohypnose pour gérer des douleurs chroniques : il s’agit de « rééduquer » le cerveau afin qu’il se défasse de certains réflexes gênants pour réinstaurer le bien-être physique et mental. L’hypno-sédation, qui consiste à associer l’hypnose à de faibles doses de sédatifs, voire à une anesthésie locale, est utilisée comme alternative à l’anesthésie générale pour certaines interventions, notamment dans la chirurgie du sein.

Des soignants de différents services de l’Institut Curie ont été formés à ces méthodes novatrices et 100 % des patients les ayant expérimentées sont prêts à renouveler cette pratique !

LES EFFETS SECONDAIRES CIBLÉS : douleurs, angoisses, déprime, stress …

La sophrologie, qu’est-ce que c’est ?

La sophrologie peut elle aussi s’avérer très bénéfique avant une opération afin d’aborder au mieux les changements auxquels il faut parfois faire face. Ce travail psychologique, sollicitant l’imaginaire du patient, a très bonne réputation. Il permettrait de se relaxer en diminuant le stress, de restaurer une estime de soi très souvent altérée durant les traitements et d’envisager l’avenir de façon plus positive. Une petite parenthèse relaxation pour aborder le quotidien avec sérénité.

Certaines sophrologues interviennent désormais dans certains hôpitaux et accompagnent les patients avant et / ou après certaines opérations.

LES EFFETS SECONDAIRES CIBLÉS : déprime, stress, confiance en soi, angoisses …

Le massage 

Si le massage effraie souvent les femmes en cours de traitements anti-cancéreux, un professionnel avisé pourra tout à fait exercer (sauf contre-indications, notamment en cas de cancer des os qui deviennent plus fragiles).

Pour que le massage soit réellement adapté, il est recommandé de mettre en relation son médecin et son massothérapeute afin qu’ils définissent, ensemble, les gestes les mieux indiqués à votre bien-être.

Une véritable équipe de choc pour prendre soin de vous ! 🙂

LES EFFETS SECONDAIRES CIBLÉS : douleurs, angoisses, déprime, stress …

massage cancer

Les « COUPEURS DE FEU »

Ceux que nos grands-mères appelaient les « coupeurs de feu », les magnétiseurs, peuvent parfois aussi aider à soulager certains effets secondaires, notamment les brûlures liées à la radiothérapie. Ils pourront également vous aider à soulager certaines douleurs, rééquilibrer votre sommeil, votre humeur. Une expérience qui peut sembler mystique et étrange, mais qui a reçu des avis très favorables de la part d’un bon nombre d’entre vous ! Bien sûr, tournez-vous toujours de préférence vers une personne qui vous aura été conseillée par une connaissance. Rien ne vaut le bouche à oreille pour éviter les mauvaises surprises, surtout quand on parle de médecines complémentaires 🙂

LES EFFETS SECONDAIRES CIBLÉS : brûlures liées à la radiothérapie…

Et en dehors de l’hôpital…

On n’oublie pas que beaucoup d’associations proposent un éventail très complet de cours, d’ateliers ou de médecines complémentaires très bénéfiques pour améliorer votre qualité de vie pendant les traitements : yoga, danse, Qi Gong, Tai chi, relaxation, méditation, art-thérapie, etc… Nous vous reparlerons de toutes ces astuces bien-être dans un prochain article !

Allez, on se lance ! Et on profite de cette « pause qui s’impose » pour profiter d’un moment de détente avec un proche ou pour s’accorder une parenthèse bien-être en solitaire, plus que méritée 🙂

 

5 commentaires

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  • Sylvie de Lyon 4 mars 2018 à 12 h 08 min

    J’ai découvert votre site suite à une discussion avec mon pharmacien. Je viens de recevoir ma 1ère commande de produit. Au delà des produits, je trouve votre initiative formidable. Moi même atteinte d’un cancer, j’y découvre une mine d’informations, de précieux conseils et tout ceci rédigé avec une bienveillance évidente. Bravo à votre équipe. Une tout petite question, ma chimio ne fait pas tomber les cheveux mais bien évidemment ils souffrent au bout de 10 mois, avez-vous des conseils à prodiguer aux personnes dans ce cas pour leur redonner de la vitalité ? Encore un grand merci.

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  • boulay sylvie 4 juin 2017 à 20 h 39 min

    merci pour tous vos conseils, car on se sent bien seule face au cancer et non considérée comme être humain mais comme un cancer par le milieu hospitalier.
    je parle au nom de ma soeur qui a un cancer du sein.

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    • Judith de MÊME 10 janvier 2018 à 13 h 25 min

      Bonjour Sylvie,

      Merci beaucoup pour votre commentaire ! Nous souhaitons beaucoup de courage à votre sœur, et lui envoyons plein d’ondes positives !

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  • La Socio-Coiffure: un moyen efficace pour reconquérir sa féminité ! | MÊME 7 juin 2016 à 15 h 00 min

    […] Les médecines complémentaires : on vous éclaire ?  […]

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