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Mieux vivre le cancer au quotidien

Cancer et psychomotricité : comment se réconcilier avec son corps ?

7 minutes de lecture

La maladie bouleverse bien souvent le rapport entretenu par chacun avec son corps. Elle bouscule la perception et la connaissance que l’on a de lui, alors fragilisé par les traitements (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie…) et leurs nombreux effets secondaires.

Ces perturbations entraînent une modification de l’image corporelle, autrement dit de la représentation que le patient se fait de son corps. Cela crée fréquemment chez les personnes concernées un sentiment de «rupture» avec leur propre enveloppe, une perte de confiance, et une atteinte de l’estime de soi.

Parce que chez MÊME votre bien-être est notre priorité, et que nous voulons vous aider à vous sentir mieux dans vos baskets, nous avons décidé de vous parler d’un soin de support encore (trop) méconnu : la psychomotricité, ou comment favoriser une image positive de soi et se réapproprier son corps pas à pas.

La psychomotricité, quésako ?

Cette profession paramédicale, intégrée dans le parcours global de soins du patient, s’appuie sur le lien étroit entre corps et psychisme.

Elle étudie la manière dont vous percevez et habitez votre corps. La psychomotricité s’intéresse plus particulièrement à l’évolution du regard que vous portez sur celui-ci, durant et après la maladie. Il s’agit donc d’une thérapie, basée sur une approche psychocorporelle visant l’harmonie du corps et de l’esprit. On vous détaille tout ça dans le concret un peu plus bas 🙂

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Psychomotricité, kinésithérapie, ergothérapie : quelles différences?

Ces trois professions sont régulièrement confondues. Il faut dire qu’elles utilisent toutes le corps comme outil de travail. Mais en pratique, la prise en charge varie dans la manière d’appréhender celui-ci.
On vous explique !

La kinésithérapie s’intéresse avant tout à votre mobilité. Elle vous fait donc travailler sur vos mouvements lorsque ces derniers sont limités et créent une gêne. Amplitude articulaire, force musculaire… les séances se basent sur la technique du geste et votre aisance à le réaliser.

L’ergothérapie se concentre sur la façon dont votre corps vous apporte autonomie et indépendance au quotidien, sur le plan personnel, professionnel ou social. L’ergothérapeute vous aide à réadapter ce corps (souvent perturbé par les traitements et leurs effets secondaires) à votre environnement, mais également à adapter notre environnement à notre corps lorsque cela est nécessaire !

La réelle différence avec la psychomotricité repose sur la prise en compte de l’aspect émotionnel des patients. En effet, le psychomotricien cherche à comprendre l’origine psychologique de ce trouble. Il tient compte du vécu du patient, de l’expérience (souvent douloureuse) à l’origine de ses difficultés corporelles. Il étudie la manière dont cela affecte sa relation avec son enveloppe corporelle.

 

La psychomotricité : pour qui ? Comment ?

Psychomotricité et jeune patientèle sont souvent associées. En réalité, le champ d’action d’un psychomotricien est bien plus vaste. Il peut aussi bien prendre en charge un patient nouveau-né qu’une personne âgée.

Les problématiques sont complètement différentes nous direz-vous ? Vrai ! Mais les séances s’adaptent toujours à votre âge, à votre condition physique ainsi qu’à votre pathologie. Pratique, non ?

Dans le cas d’un adulte, l’intervention d’un psychomotricien se fait généralement lors ou après une période particulièrement éprouvante émotionnellement, comme c’est par exemple le cas avec la maladie. Ces évènements sont souvent synonymes de changements brutaux. Ils vont en effet venir fragiliser l’équilibre entre corps et esprit (sensation de malaise vis-à-vis de son corps, dévalorisation de son image, angoisses…).

La séance (45 minutes en moyenne) repose sur un travail en étroite collaboration entre vous et le psychomotricien. L’objectif est de vous permettre de retrouver un mieux-être psychique, mais également corporel. Les séances se basent sur des séries d’exercices à réaliser, en voici quelques exemples:

  • Exercices de relaxation, réalisés en position allongée. L’objectif est d’atteindre un état de détente musculaire. Il est ainsi plus simple de sentir vos appuis, et prendre conscience des différentes parties composant votre corps et de leur solidarité.
  • Exercices reposant sur des stimulations sensorielles (le praticien vient par exemple faire rouler une balle sur différentes zones de votre corps. Il vous permet ainsi d’en sentir les contours et de mieux vous les représenter).
  • Exercices d’équilibre ou de contrôle posturale. Le but est de vous inviter à solliciter votre corps.
  • Exercices de tonus (le psychomotricien vous demande par exemple d’alterner phases de contraction et de décontraction musculaire. Cela agit sur les tensions psychiques et émotionnelles).

 

La psychomotricité et ses mille vertus

On exagère à peine 😊

La maladie a inévitablement (et malheureusement) une incidence trop souvent négative sur l’image corporelle. Certain.e.s ont la désagréable impression de perdre le contrôle de leur corps, ou de ne plus le reconnaitre. D’autres éprouvent un sentiment d’insécurité dans leur propre enveloppe. Il n’est pas toujours facile d’accepter l’impact que les traitements et leurs effets secondaires ont sur cette dernière.

Les séances de psychomotricité vont permettre la mise en lumière des interactions entre corps et émotions. Elles vous donnent l’opportunité de verbaliser celles-ci. Réapprendre à vivre avec votre corps et à vous l’approprier passera forcément par l’acceptation de ses évolutions, positives comme négatives.

L’approche psychocorporelle vous permet de réinvestir progressivement ce corps, souvent un peu délaissé. Vous reprenez contact avec lui en étant attentif.ve aux sensations et perceptions que celui-ci vous communique.

Petit conseil : Pensez également à pratiquer une activité physique en complément. Choisissez-en une que vous appréciez tout particulièrement afin d’associer plaisir et sollicitation corporelle. Le yoga peut également s’avérer être une très bonne option !

Faites-vous confiance et armez-vous de patience. Ce travail est long mais en vaut la peine !

 

Informations complémentaires sur la psychomotricité

Pour tirer parti des bénéfices de ce soin et constater une réelle évolution, il est primordial que le suivi soit régulier, et votre investissement total. Les séances se pratiquent avant tout de manière individuelle.

Pour bénéficier gratuitement de celles-ci, rapprochez-vous de l’hôpital où vous effectuez votre suivi afin de savoir si ils y proposent ce soin. Vous pouvez également contacter et questionner le comité de la Ligue contre le Cancer le plus près de chez vous.

Si vous envisagez de consulter un psychomotricien libéral, comptez 40 à 60€ pour une séance. Sachez que celle-ci n’est cependant pas prise en charge. Pensez donc à demander à votre mutuelle si elle rembourse partiellement, ou totalement les frais, et surtout quelles sont les conditions à remplir pour bénéficier de ce remboursement.

 

Le témoignage de Zakia, 23 ans, sur les bénéfices de la psychomotricité

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Zakia, 23 ans, suivie à l’Institut Gustave Roussy (Villejuif) pour un sarcome alvéolaire, se confie sur ses premières impressions concernant la psychomotricité, et les bénéfices qu’elle en tire aujourd’hui :

« Lorsque j’ai appris qu’une tumeur était logée à l’arrière de ma cuisse gauche, je n’avais qu’une seule chose en tête : qu’on me la retire au plus vite !

Une fois l’opération chirurgicale et les rayons passés, j’ai constaté que le rapport que j’entretenais jusqu’alors avec mon corps n’était plus le même. Je me sentais déstabilisée par le sentiment de ne plus reconnaître cette enveloppe corporelle. J’étais en colère contre lui, je me sentais trahie, vulnérable. Tout contact ou toucher était devenu source d’appréhension, encore plus au niveau de ma jambe et ma cicatrice ! Je n’osais pas solliciter ce corps que je pensais «cassé ».

Cela se traduisait à travers mon tonus, le choix de mes appuis, ma posture etc. Par la suite, cette désagréable sensation n’a fait que grandir avec les différents traitements proposés…

Lorsqu’on m’a soumis l’idée de m’essayer à une séance de psychomotricité à l’hôpital, je ne savais pas vraiment dans quoi je me lançais, et n’avais donc aucunes attentes particulières.

J’ai finalement fait la rencontre de ma psychomotricienne, une personne extrêmement bienveillante qui a su, par ses mots, me mettre à l’aise et en confiance lors de nos séances. Grâce à des exercices adaptés, de la patience, et de beaucoup de douceur envers moi-même, j’ai pu réinvestir ce corps petit à petit, afin de m’y sentir un peu plus à mon aise. Il m’a fallu apprendre à lâcher prise et accepter l’idée que malgré tout, ce corps faisait de son mieux pour m’accompagner à travers cette épreuve.

Ces séances m’ont permis de retrouver un rapport apaisé avec mon corps, même si je sais qu’il me reste encore un peu de travail. En prenant soin de mon corps, la psychomotricité m’a aidée à prendre soin de mon esprit. »

 

Nous espérons vous en avoir appris davantage sur la psychomotricité ❤

N’hésitez pas à nous poser vos questions, ou à partager vos expériences en commentaires. Et pour la petite histoire, chez MÊME, on a eu la chance d’accueillir la brillante et jolie Zakia en stage pendant quelques mois, qui a eu la gentillesse de nous faire partager (entre autres) son expérience de la psychomotricité ! 

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