POUR MES PROCHES

Accompagner un proche atteint d’un cancer

Une femme malade, c’est aussi la femme de quelqu’un, la maman de quelqu’un, l’amie de quelqu’un. Apprendre le cancer d’un proche est bouleversant pour ceux qui l’entourent. En effet, l’entourage s’interroge très souvent sur son rôle à jouer pendant cette épreuve difficile. Comment réagir et agir face au cancer de celle qui nous est si proche? Comment accompagner avec amour et justesse l’une des siennes? Voici donc quelques conseils et outils pour traverser ces épreuves avec plus de sérénité et trouver sa place auprès de celle qu’on aime.

Une jolie petite vidéo créée par Céline Verlet et Charlotte Chaptal, assistantes sociales au Centre Jean Perrin pour remercier tous les aidants, si précieux dans le parcours de soin des malades.

 

1. L’annonce de la maladie

Annoncer son cancer est une épreuve pour la personne malade. Elle doit non seulement faire face aux réactions de son entourage mais également prendre elle-même, à travers cette annonce, pleinement conscience du diagnostic. Ainsi, en tant que proche, quelques comportements simples peuvent participer à rendre cet instant moins difficile.

  • – Piano, piano : D’abord, mesurez autant que possible vos réactions à l’annonce de la maladie. Un comportement affolé engendrerait toujours plus d’inquiétude pour la malade et, à l’inverse, rassurer avec trop d’entrain pourrait donner l’impression de minimiser ce qu’elle vit et s’apprête à affronter. S’il n’y a pas de « bon comportement », parvenir à réagir de façon modérée reste donc le plus sage. Et surtout, soyez vous-même, car c’est bel et bien de vous, et de votre personnalité qu’elle connaît si bien, dont elle aura besoin.
  • – Je t’écoute : Ensuite, laissez lui le temps de s’exprimer, posez lui des questions sur le diagnostic et sur son ressenti. Cela lui montrera non seulement tout l’intérêt que vous lui portez et permettra également à votre proche d’extérioriser ses nombreuses émotions. Ne parlez pas trop, pour lui laisser le temps de se livrer, mais ne restez pas non plus muet comme une carpe, cela risquerait de faire augmenter l’angoisse et le mal-être.
  • – Main dans la main : Enfin, vous pourrez lui rappeler (lui confirmer !!) qu’elle n’est pas seule et que vous serez là, à ses cotés, pour vivre toutes les étapes de la maladie. On est tellement plus forts lorsque l’on est soudés…

2. Accompagner et communiquer

Le cancer, les traitements,… votre proche est, à bien des égards, fragilisé physiquement et psychologiquement. Tout au long de la maladie, l’accompagnement de son entourage est donc plus que précieux.

  • – On y va ensemble : Pour aider votre proche, vous pouvez par exemple proposer, selon vos disponibilités, de l’accompagner à certains rendez-vous médicaux. Cette présence physique contribuera à réduire son anxiété, particulièrement lors des premiers rendez-vous. Elle peut aussi vous permettre de vous faire le relais et l’interprète des différentes informations fournies par les médecins ainsi que de poser des questions au personnel soignant, alors qu’il est souvent difficile pour la personne malade de garder l’énergie suffisante pour cela. 
  • – S’adapter et intégrer avec elle ce nouveau monde et cette nouvelle vie au sein du milieu médical en se renseignant sur les traitements proposés (par exemple: sur le site « proche de malade ») et en discutant de cela avec elle, en s’intéressant aux personnes qui la suivent, en mémorisant les noms des différents intervenants,… sont tant de comportements qui confortent votre proche dans l’idée qu’elle n’est pas seule dans cette épreuve.
  • – Bla bla bla : Aussi, tout au long de la maladie, il est essentiel de conserver un vrai dialogue régulier et approfondi avec votre proche afin de comprendre ce qu’elle peut attendre de vous, ce qu’elle ne souhaite pas entendre, les tabous qu’elle ne veut pas instaurer, repérer les instants où elle a besoin de vous et ceux, au contraire, où il est préférable de vous effacer. En l’interrogeant sur ses attentes, vous éviterez ainsi, en voulant bien faire, d’adopter un comportement qui pourrait être maladroit.
  • – Et pourquoi pas la peinture ? Enfin, il est du rôle de l’entourage d’encourager la personne atteinte du cancer, à poursuivre des activités professionnelles, personnelles, à planifier des projets, à assouvir des envies bref,… à continuer de vivre pleinement, malgré la maladie !
  • – De doux moments à partager : Etonnement, si la maladie est éprouvante pour la femme malade et ses proches, elle leur offre également l’opportunité de nouer des liens plus forts. Appliquer le vernis de son amie, masser sa femme, maquiller sa mère,…s’accorder des moments simples à deux, tout en délicatesse, lui feront (et vous feront !) le plus grand bien.

3. Je déculpabilise et je pense, aussi, à moi

  • – « Je ne fais jamais rien de bien ! » : Il n’est pas rare en tant que proche d’avoir l’impression de ne jamais parvenir à satisfaire pleinement les besoins de l’autre. Ce sentiment d’impuissance doit encourager au dialogue. Parlez lui de votre ressenti, elle saura sûrement vous rassurer et fera plus attention à ce qu’elle peut dire ou faire, et qui vous peine. Tâchez également d’être VRAIMENT indulgent envers votre proche, qui traverse des moments particulièrement difficiles, mais également envers vous-même : vous faites dans tous les cas de votre mieux.
  • – Lassitude, agacement,… sont des sentiments fréquemment ressentis chez l’entourage. Ne culpabilisez pas: Il n’y a rien de plus normal face à cette maladie qui s’est invitée sans prévenir dans votre vie, et on ne peut pas agir en robot à longueur de journée.
  • – Qui pour m’aider ? Dans une situation ou votre investissement personnel est grand et face à tous les impératifs familiaux, professionnels et sociaux à prendre en compte, il est légitime et souvent bénéfique de faire appel à un soutien extérieur.
    • Diverses associations, des groupes de parole de proches tels que ceux organisés par la Ligue contre le cancer ou encore des plateformes d’écoute comme Avec nos proches ou de partage telle que Mon réseau cancer du sein vous permettront de vous exprimer librement. Des réseaux plus généraux sont par ailleurs consacrés aux aidants tels que Aidant attitude. Vous pouvez également faire appel à votre médecin traitant, à un psychologue ou un psychiatre exerçant en ville. Il existe également des services de psycho-oncologie dans les centres de soin qui peuvent proposer aux proches (eux aussi !) des consultations remboursées. Renseignez-vous auprès des équipes soignantes pour en savoir plus.

  • – Un peu d’air : Pour finir, gardez en tête qu’il est important de « sortir » régulièrement de la maladie en conservant une activité extérieure et des loisirs. Prenez des « pauses », vivez le reste de votre vie le plus normalement possible. Cela vous permettra de respirer, de continuer à vous ouvrir au reste de la vie et… en fin de compte, d’être beaucoup plus apaisé, plus fort, et mieux à l’écoute, dans les moments que vous consacrerez à aider celle que vous aimez. On ne peut aider les autres que si l’on est soi-même dans de bonnes conditions.

Beaucoup de courage, une pincée de détente et UNE TONNE D’AMOUR sont donc les ingrédients clés pour faire de vous un parfait aidant, présent et heureux malgré tout 🙂

7 commentaires

  • Fanny 12 février 2018 à 11 h 24 min

    J’accompagne ma maman atteinte d’un cancer de la vessie.
    Découvert il y a seulement 5 mois, il a pris toute la place dans nos vies.
    C’est dur de rester forte à ses côtés. Mais je le fait pour elle, pour qu’elle ait ma force quand la sienne lui fait défaut.

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    • Judith de MÊME 19 février 2018 à 15 h 59 min

      Merci beaucoup pour votre témoignage Fanny, soyez forte et courageuse, en tant que proche c’est parfois tout aussi difficile à vivre. Alors on pense bien à vous ❤

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  • danielle meyer 11 février 2018 à 16 h 14 min

    cela fait maintenant presque 5 ans que mon mari est mort d’un cancer
    il m’apparait comme une évidence que je peux aider et accompagner pour aller au bout de mon deuil.
    comment faire?

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    • Judith de MÊME 19 février 2018 à 16 h 02 min

      Chère Danielle, bravo, quelle bienveillance 🙂 Vous pouvez commencer par essayer de vous renseigner sur les associations qui viennent en aide aux personnes malades dans votre région ? ❤

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  • Gitlaw 14 novembre 2017 à 13 h 16 min

    Je suis dans la salle d’attente, j’attends mon mari âgé de 52 ans qui passe un pet scan.
    (Nodules au poumons 5)
    J’ai peur du résultat …
    Nous avons 2 filles 23 et 20 ans

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    • Judith de MÊME 10 janvier 2018 à 15 h 20 min

      Bonjour Isabelle,
      Mille mercis pour votre confiance et pour votre témoignage très touchant ! Nous vous souhaitons beaucoup de courage, et envoyons toutes nos ondes positives à votre mari !

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  • Cancer : en parler aux enfants - MÊME 8 septembre 2016 à 14 h 35 min

    […] la même façon que dans le cas de la maladie d’un proche, les pédiatres et psychologues de l’hôpital seront présents pour vous aider à parler avec […]

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