MIEUX VIVRE MON CANCER

Grossesse et cancer : devenir maman malgré la maladie

tomber enceinte pendant un cancer
7 minutes de lecture

Tomber enceinte pendant les traitements ? Avoir un enfant après avoir eu un cancer ? Concilier grossesse et traitements anticancéreux ? Vous vous posez beaucoup de questions sur les liens entre le cancer et la fertilité et sur les risques de votre maladie (et des traitements associés) pour votre bébé.

On répond à vos questions pour vous aider à y voir plus clair, et à aborder les différentes situations le plus sereinement possible !

1. Peut-on tomber enceinte pendant les traitements anticancéreux ?

Les traitements, en particulier la chimiothérapie, peuvent entraîner une diminution de la fertilité chez la femme. En effet, elle peut détruire des ovocytes ou perturber les hormones de la reproduction. De ce fait la chimiothérapie s’accompagne souvent d’une aménorrhée (absence de règles) temporaire, et parfois définitive. On vous disait tout sur les conséquences des traitements anticancéreux sur vos règles dans cet article.

Cela signifie qu’il est très rare, mais possible de tomber enceinte pendant un traitement anticancéreux. Et évidemment, il vaut mieux éviter et attendre plutôt la fin des traitements pour essayer ! On vous dit tout un peu plus bas 😉

Notre conseil : préserver votre sexualité et votre vie intime pendant les traitements (ça fait du bien :)) mais protégez-vous ! L’idée est de ne pas prendre le risque de tomber enceinte pendant cette période difficile.

Grossesse et cancer

2. Peut-on tomber enceinte après un cancer ?

Certaines chimiothérapies et hormonothérapie peuvent diminuer votre fertilité et donc vos chances d’avoir un enfant après avoir suivi des traitements anticancéreux. Cependant, rassurez-vous, dans la plupart des cas, vos règles reprennent un cycle normal après l’arrêt des traitements et vous pourrez donc avoir un bébé si vous le souhaitez.

Les jeunes femmes ont en effet une grande vitalité, une grande force motivée par l’envie d’avoir un enfant qui leur permet de retrouver les capacités « physiques » d’enfanter après la maladie.

À l’exception tout de même du cancer du col de l’utérus, l’utérus devant souvent être retiré par chirurgie pour mieux vous soigner.

Si vous pouvez tomber enceinte après avoir fini vos traitements, votre oncologue et votre gynécologue vous conseilleront le plus souvent d’attendre le plus longtemps possible avant de commencer la grossesse. Et ce pour limiter les risques de rechute dans les 2-3 ans après le cancer.

3. La grossesse peut-elle provoquer une rechute ?

En fait, la grossesse elle-même ne provoque pas une rechute d’un cancer. Mais ce qui peut jouer c’est l’arrêt du traitement d’hormonothérapie que certaines femmes doivent suivre pendant 4 ou 5 ans.

Dans ce cas, il est donc préférable d’attendre la fin de ce traitement avant d’essayer de tomber enceinte. Dans le cas du cancer du sein notamment, l’arrêt de l’hormonothérapie augmente en effet les risques de rechute. Si vous ne souhaitez pas attendre ce délai, vous pouvez en discuter avec vos médecins pour voir quelles sont les solutions qui s’offrent à vous !

4. Mon cancer a été diagnostiqué alors que j’étais enceinte, que va-t-il se passer ?

Il peut arriver (même si c’est heureusement relativement rare) de découvrir que l’on a un cancer alors que l’on est enceinte. Cette situation est d’autant plus compliquée que les questions se bousculent dans la tête, mêlée à la fois au bonheur du petit être à venir et à l’angoisse de la maladie. Bref, un grand panel d’émotions !

On essaye de vous éclaircir un peu les idées sur le sujet dans la suite de l’article 😊

être enceinte et avoir un cancer

a. Puis-je poursuivre ma grossesse malgré les traitements ?

–          Si vous êtes avant les 12 semaines réglementaires, on vous proposera d’office une interruption volontaire de grossesse. L’idée étant de pouvoir commencer les traitements au plus tôt pour vous soigner le mieux possible. Cependant, on ne vous imposera pas d’arrêter votre grossesse. Cela doit rester votre choix, et celui de votre partenaire ! Ce n’est évidemment pas une décision à prendre à la légère. Entre vous, avec votre équipe de médecins, avec vos proches… : parlez-en !

–          Si vous êtes à un stade précoce du cancer, on pourra envisager la possibilité de mener votre grossesse à terme avant de commencer vos traitements.

–          Si vous ne pouvez pas attendre l’accouchement pour commencer vos traitements : la chirurgie peut tout à fait être effectuée à tout moment de votre grossesse. La plupart des chimiothérapies peuvent être suivies pendant votre grossesse (après le premier trimestre !). La radiothérapie est généralement proscrite pendant votre grossesse car elle présente des risques pour le fœtus. Concernant les thérapies ciblées et l’immunothérapie, il n’existe pour le moment que très peu d’études. Ces traitements sont donc généralement incompatibles avec une grossesse.

–          Souvent, la grossesse peut donc être menée à terme et en parallèle de vos traitements. Et même si la situation est très stressante, la croissance de votre enfant dans votre petit bidou vous donne aussi une force extraordinaire pour vous battre.

 

b. Est-ce que le cancer ou la chimio touche mon bébé ?

Non, c’est la première chose à savoir. Le cancer ne présente pas de risque de contamination pour le petit être qui pousse en vous.

La plupart des chimiothérapies ne touche pas non plus votre fœtus après le premier trimestre de gestation. Et dans le cas contraire, soyez rassurée, les médecins ne vous proposeront pas de traitements pouvant nuire à votre enfant si vous décidez de le garder ! Les chimiothérapies peuvent cependant parfois entraîner un accouchement prématuré.

 

5. Et une fois que bébé est là ?

L’accouchement est souvent provoqué par votre obstétricien avant le terme afin de pouvoir commencer ou poursuivre les traitements anticancéreux plus vite.

Ensuite, une fois que votre bébé est là, il faut réussir à combiner l’épreuve des traitements avec toute l’implication que demande un nouveau-né ! N’hésitez pas à demander de l’aide autour de vous pour être soutenue et aidée le mieux possible.

Pour vous rassurer un petit peu, sachez que vous avez une force extraordinaire et insoupçonnable en vous, et que votre petit bébé vous en donnera d’autant plus pour garder la tête haute et vous transformer en super-woman quand il faut !

Des interdits ? Un seul : il est généralement déconseillé d’allaiter votre bébé pendant vos traitements et même juste après les traitements, notamment dans le cas d’un cancer du sein. Profitez-en pour mettre papa à contribution (même plus que nécessaire) pour donner le biberon 😉

avoir un bébé après un cancer

 

6. Elles témoignent…

Pour vous rendre compte que 1. vous n’êtes pas seule, et 2. vous allez y arriver, on vous a déniché 2 témoignages de femmes à qui on a découvert un cancer alors qu’elles étaient enceintes !

 

7. Cancer et fertilité masculine !

Nous voulions faire un enfant, mais mon conjoint a été diagnostiqué d’un cancer, sa fertilité va t-elle être affectée ?

Comme chez les femmes, les traitements anticancéreux de Monsieur peuvent avoir une influence sur sa fertilité, mais plutôt moindre que chez les femmes.

→  En cas d’irradiations sur les zones génitales, il peut arriver que les testicules subissent une dose élevée d’irradiations qui peuvent altérer leur fonction. En conséquence, les testicules ne produisent plus de spermatozoïdes et la fertilité est donc naturellement affectée. Cependant, cela n’est pas systématique, pas d’alarmisme !

Les chimiothérapies peuvent diminuer ou modifier la production de spermatozoïdes, en fonction de la durée et de la dose des produits. Dans la plupart des cas cependant, les hommes retrouvent toute leur capacité de fertilité quelques mois après la fin des chimios.

En cas de tumeur au testicule, un des testicules peut être retiré par chirurgie afin de mieux soigner votre homme. Cependant, le deuxième testicule prend tout à fait le relais ! La fertilité masculine n’est donc pas affectée par l’ablation chirurgicale d’un des testicules.

Dans tous les cas, des options s’offrent à votre couple pour préserver votre fertilité si vous souhaitez avoir un enfant malgré la maladie. Parlez-en avec votre médecin pour qu’il vous présente les différentes possibilités ! C’est souvent la congélation des spermatozoïdes qui est l’option privilégiée par vous, et les médecins.

 

On espère que vous y voyez plus clair 😊. N’hésitez pas à partager votre expérience ou à nous poser vos questions en commentaire !

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6 commentaires

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  • Anne 2 décembre 2018 à 9 h 57 min

    Bonjour,
    Plein de bonheur aux mamans et futures mamans qui vivent la maladie.
    Il y a un effet secondaire que l’on oublie, dont on ne parle pas : la sténose vaginale suite à la radiothérapie pelvienne. C’est ce que je vis suite à un cancer du rectum.
    Merci pour vos produits, ils m’ont suivi pendant les traitements et encore maintenant

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    • Lucile de MÊME 4 décembre 2018 à 11 h 58 min

      Merci Anne pour cette précision, vous avez tout à fait raison ! Et bravo à vous pour votre courage, on est ravies que nos petits produits puissent vous apporter un peu de douceur et de tendresse 🙂

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  • Hélène 2 décembre 2018 à 8 h 29 min

    Super article. J’ai eu un cancer du sein en 2011 et en 2015 ma petite Emie voyait le jour. Un immense bonheur.
    Par contre en janvier 2018 cancer a l’autre sein. Les traitements sont terminés et ma fille m’a donné la force de me battre.
    Bon courage et force à toutes

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    • Lucile de MÊME 4 décembre 2018 à 11 h 57 min

      Merci à vous Hélène de nous faire partager votre cas, et bravo pour votre courage ! Plein de bonheur à venir avec votre petite Emie 🙂

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  • Celine1377 2 décembre 2018 à 8 h 10 min

    Très bel article complet ! J’ai pu tomber enceinte naturellement deux ans après la fin des traitements (lymphome hodgkinien) alors que je m’étais imaginée stérile ou nécessitant des traitements… et pour mes trois ans de rémission, un beau bébé en pleine santé ! j’ai pu l’allaiter quelques semaines car par manque d’informations je ne pensais pas que je pouvais le faire et je ne me suis pas suffisamment renseignée en amont. Cela m’a redonné confiance en mon corps après la maladie.
    Je suis fatiguée bien sûr car depuis les traitements j’ai toujours tendance à fatiguer vite, mais qui ne le serait pas avec un bébé de presque trois mois qui ne fait pas ses nuits ?

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    • Lucile de MÊME 4 décembre 2018 à 11 h 56 min

      Merci Céline pour ce superbe témoignage qui redonnera confiance à nos belles battantes qui veulent avoir un enfant 🙂
      Et courage pour les nuits de votre bout de chou 😉 C’est une merveilleuse raison d’être fatiguée même si on préférerait des nuits plus calmes c’est sûr !

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